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  5. Météo des marchés – N°11-2022

Anticipation ou précipitation des marchés financiers ?

Les investisseurs veulent croire à une résolution imminente du conflit russo-ukrainien, et voient apparaître des signes d’espoir, mais de lourdes déconvenues ne peuvent être exclues.

Quelle vision macroéconomique ?

L’armée russe semble davantage se réorganiser que se retirer pas à pas et poursuit les hostilités dans l’est de l’Ukraine. Il n’en demeure pas moins que cette guerre aura un coût élevé : tout d’abord, par le choc énergétique qu’elle a déclenché et qui va engendrer un choc de croissance. Ensuite, on peut redouter une crise alimentaire, en particulier pour les pays émergents importateurs de céréales. Les prix à la consommation ont déjà commencé à s’emballer dangereusement. En mars, l’inflation a atteint 7,3 % en Allemagne, 6,4 % aux Etats-Unis et 4,5 % en France. La croissance économique dans l’Union européenne en sera amputée d’au moins 1 % cette année, ce qui devrait se traduire, pour les entreprises du Cac 40, par un manque à gagner d’environ 7 % en moyenne sur leur bénéfice par action. Les révisions à la baisse de ces résultats par les analystes financiers interviendront probablement au lendemain de la publication des chiffres d’affaires et des résultats du premier trimestre, soit à partir de la mi-avril (cf notre Météo des marchés n°10 du 29 avril). Les dégâts économiques provoqués par le conflit ne pourront être réparés rapidement. On ne pourra pas compter sur un rattrapage de la consommation, comme au lendemain de la crise sanitaire, car l’inflation, facteur de ralentissement économique, mettra du temps à être résorbée. L’Union européenne importait avant la guerre 40 % de son gaz de Russie et l’Allemagne 55 %. Les prix à la consommation allemands ont augmenté de 2,5 % rien qu’en mars. C’est un record de presque soixante-dix ans. L’inflation mesurée en glissement annuel est ainsi passée de 5,1 % en février à 7,3 % le mois dernier.

Quelle interprétation des marchés financiers ?

De nombreux professionnels achètent ainsi des actions sans véritable conviction, uniquement par peur de rater le train de la hausse. Par rapport au point bas de mars, la remontée du Cac 40 atteint désormais 18 %. Une envolée du même ordre que celle de novembre 2020, lorsque l’indice parisien avait bondi de 20 % à l’annonce de l’efficacité du vaccin Pfizer-BioNTech contre la Covid-19. La Bourse commence à passer au crible les sociétés pour savoir si elles ont les moyens de se protéger contre l’inflation en réduisant à nouveau leurs coûts ou en passant des hausses de leurs prix de vente. A mesure que le conflit s’enlise, le moral des ménages s’effondre et l’inflation s’envole. Elle a atteint un nouveau record dans la zone euro, à 7,5 % sur un an en mars, entretenue par les prix de l’énergie, qui ont grimpé de 44,7 %. Selon certains experts, une flambée jusqu’à 150 $, voire 200 $, du baril de Brent dans les prochains mois reste d’actualité. L’inflation alimentaire augmente aussi.

Point de vue d’Axyne Finance et comment agir ?

Dans ce contexte incertain, nous recommandons d’être prudent. La probabilité d’un repli des marchés financiers semble élevée.

Privilégier les entrées progressives et/ou ponctuelles sur tout repli significatif.

Toute notre équipe et nous-même restons bien évidemment à vos côtés, pour vous accompagner.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Eric BORIAS / Laurent CORNET